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1984

"La liberté c'est de pouvoir dire que deux plus deux égalent quatre" - Winston Smith

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Un pouvoir dont on rit tant est un pouvoir qui n'en a pas tant

Le monde de l'Internet a été secoué en quelques semaine par deux immenses éclats de rire, le premier suite à "l'affaire" Jean Sarkozy / EPAD, le second autour de la présence ou non de Nicolas Sarkozy le 9 novembre 1989 à Berlin.

Bien évidemment, rire du pouvoir, s'en moquer ou le caricaturer n'est pas fait nouveau. Les fous du Roi n'ont pas attendu Internet pour faire les pitres au pied des puissants. Mais ces deux épisodes témoignent sans conteste d'un changement fondamental d'échelle et de nature. De nature tout d'abord car, jusqu'à une période récente, la caricature du pouvoir et l'impertinence envers les puissants, certains s'en faisaient une profession. De Le Luron aux Guignols en passant par Desproges, Bedos, Guillon, Carlier et quelques chansonniers du Théâtre des deux ânes, pour ne citer que quelques contemporains, l'ironie politique était affaire de spécialistes. Or, ces deux épisodes témoignent de l'incroyable potentiel de créativité qui peut émerger des internautes. On souligne beaucoup que l'un des piliers du web 2.0, c'est justement le contenu créé par les internautes eux-mêmes. Il est rare d'avoir sous la main un exemple aussi frappant. Il n'est qu'à voir les multiples parodies qui, en quelques jours seulement, ont circulé sur Twitter autour du tag #jeansarkozypartout puis quelques semaines plus tard #nicolassarkozypartout. Le phénomène Twitter illustre d'ailleurs le second changement que je signale, le changement d'échelle. En effet grâce à la vitesse de diffusion des réseaux sociaux, la viralité de ces éclats de rire parcourt le Net en quelques jours, voire en quelques heures, et l'éclat de rire devient général sur le web, au point d'obliger la classe politique à réagir. Et avec plus d'un foyer sur deux connecté aujourd'hui à Internet, difficile d'échapper à l'épidémie. Et impossible pour la sphère médiatique de l'ignorer, relayant ainsi le phénomène auprès des non-connectés.

Ce double changement, d'échelle et de nature, fait du Rire général un élément éminemment subversif pour le pouvoir, bien plus en tout cas que les Guignols. J'avance ainsi l'hypothèse, que, à l'instar du Nom de la Rose, où un ouvrage d'Aristote, La Poétique, et en particulier le livre consacré au Rire, représente pour l'autorité religieuse un danger mortel, au sens propre comme au sens figuré, le fait que le Pouvoir soit aujourd'hui l'objet du Rire du Peuple est un signal sinon révolutionnaire, du moins un marqueur fort de la relativité de son pouvoir. Comme le montre Aristote, le Rire est ici la marque du ridicule de celui dont on rit, en l'occurrence du pouvoir.

Rions, rions et rions encore de ce pouvoir qui s'accroche à des chimères, et nous aurons peut-être alors des lendemains qui chantent plus sûrement qu'en coupant les têtes.

Une chaine qui m'enchaine... je m'empresse de m'en libérer

Le respect du à mes rares lecteurs m'oblige à répondre favorablement à l'invitation de l'un deux, l'une en l'occurrence, polluxe, qui non seulement m'incite à reprendre le clavier en ces lieux, mais qui, pour m'y contraindre, m'a enchainé à une de ces chaines dont la blogosphère raffole.

Cette fois-ci, il est donc question de revenir sur les trois premiers billets publiés sur ce blog.

Quels sont vos trois premiers billets politiques – ou importants pour votre thème – écrits lors de vos trois premiers mois de bloguage ? Vous semblent-ils encore pertinents ? Quel est leur principal défaut ?

Mon blog étant essentiellement un blog "politique", je prendrais donc mes trois premiers billets dont voici les liens:

  1. Ruban rouge
  2. Le Parti du Oui, ersatz du Ministère de la Vérité?
  3. La question turque, nouveau déni démocratique

Premier constat, cela fera exactement cinq ans dans un mois que le premier billet aura été mis en ligne. Cinq ans, voilà qui fait de moi un vieux blogueur! Pour les plus jeunes justement, un rapide rappel du contexte: je fréquentais depuis quelques semaines en tant que lecteur, puis commentateur, le blog d'un illustre inconnu qui n'allait pas le rester longtemps dans la blogosphère puis dans la mediasphère, un certain Versac. Et j'étais embarqué depuis quelques jours dans une aventure fabuleuse, celle de Publius, dont j'étais le seul membre à ne pas avoir encore de blog à l'époque.

Deuxième constat, si je suis resté intellectuellement fidèle à Bernard Stiegler, mon premier parrain, cela fait bien longtemps que je ne fait plus attention aux inepties déclaratoires du phare de la pensée corbeil-essonnoise, Serge Dassault!

Mon deuxième billet est bien évidemment un peu daté, mais, à la lumière de la dernière bal(l)ade irlandaise du traité de Lisbonne, il garde néanmoins quelque actualité.

Enfin mon troisième billet est quant à lui toujours d'actualité, la "question" turque ayant été pour le moment mis sous l'éteignoir. Mais ne doutons-pas qu'elle resurgira dans quelques années.

Et quant à leurs défauts me direz-vous. Et bien, en toute modestie, pour des billets de débutant, je ne les trouve pas si mal que cela. Mais c'est plutôt à vous de le dire non?

Université d'été du MRC - Troisième table ronde : "Face à la crise des valeurs, une réponse républicaine"

Avec les intervenants suivants:

Paul Thibaud philosophe
Julien Landfried secrétaire national
Jean-Yves Autexier, directeur de la Fondation Res Publica

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Université d'été du MRC - Deuxième table ronde : "Crise sociale, crise de la justice sociale"

Autour des intervenants suivants:


Liem Hoang Ngnoc, économiste, député européen (PS)
Christian Hutin depute-maire de Saint-Pol-sur-mer, secrétaire national
Patrick Quinqueton, secrétaire national

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Université d'été du MRC - Première table ronde : "Crise économique, quelles réponses en profondeur?"

Autour des intervenants suivants:

Yves Le Hénaff secrétaire national
Jean-François Knetter président du Comité Européen Airbus (FO)
Bruno Maschetto ancien banquier, universitaire
Georges Sarre ancien ministre, maire-adjoint de Paris, secrétaire national

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Live blogging en direct de l'université d'été du MRC à Toulouse

Retour à la maison, au double sens du terme!

D'abord sur ce blog, déserté depuis plusieurs mois, pour un exercice inédit pour moi, un live blogging depuis une université d'été. Après tout, puisque je suis décidé à prendre des notes, pourquoi ne pas les partager en direct avec qui le voudra.

Et puis c'est aussi un peu un retour à la maison au sens politique du terme, mon premier véritable engagement politique (et le seul en fait à bien y réfléchir) ayant débuté il y a presque 8 ans jour pour jour lors de l'université d'été du Mouvement des Citoyens à l'époque, à Marseille l'été 2001... Quelques mois avant de se lancer dans l'aventure d'une campagne présidentielle puis législatives sous la bannière du Pôle Républicain.

Rendez-vous donc au fil de cette journée pour une actualisation de ce billet au fil des débats.

Thème des deux jours: Face à la crise, désuétude du modèle social-démocrate, actualité du modèle républicain.

10h00 - ouverture des débats, avec une demie-heure de retard, par Thierry Cotelle, maire-adjoint de Toulouse et secrétaire national du MRC. Entre 150 et 200 personnes dans la salle.

Au tour de Pierre Cohen, député-maire PS de Toulouse, avec une petite pique pour le congrès de Reims du PS en introduction. Evocation nostalgique des années CERES, temps de la construction d'un projet politique... Deuxième pique en creux envers le PS aujourd'hui? Discours de la méthode sur le travail unitaire effectué à Toulouse autour des forces de gauche pour conquérir la mairie.

Jean-Luc Laurent, secrétaire national, prend la suite et rappelle le primat de la pensée sur les calculs au MRC. Remerciements d'usage à l'organisation. La figure de Jaurès, dont on vient de fêter le 150ème anniversaire de la naissance, plane sur les débats. La salle s'est bien remplie, on va certainement atteindre les 200 personnes.

Verbatim : "la main invisible n'est qu'une théorie de charlatans pour servir les puissances de l'argent" - "je vous invite à conjuguer le libéralisme au passé" - "la réprimande des traders est une valeur refuge" - "la gauche souffre d'une maladie chronique, le déficit de pensée" - "oui conditionnel au principe des primaires... les primaires doivent conduire à désigner le candidat de la gauche (ndlr et non des seuls socialistes) à l'issue d'un large débat sur le projet"

Discours politique essentiellement centré sur la crise, faillite du modèle libéral, et sur la faible portée des réponses gouvernementales. Est-ce enfin la fin de la parenthèse désenchantée ouverte en 1983, et tant dénoncée depuis par Chevènement? La réponse, la perspective républicaine... Certes mais encore! Plutôt que l'actualité du modèle républicain, la question me semble être l'actualisation des valeurs républicaines au monde nouveau qui émerge de la crise actuelle.

Patrick Quinqueton, secrétaire national, cloture cette session d'ouverture et introduit les trois tables rondes de la journée, qui visent à donner des réponses aux trois crises actuelles: la crise économique, la crise sociale, la crise des valeurs. Les modèles sociaux-libéraux et sociaux-démocrates appartiennent désormais au passé, de par la domination de la finance au niveau mondial.

Pour être catholique ces derniers temps, il faut vraiment avoir la foi!

Décidément, je commence à me demander si l'élection du cardinal Ratzinger comme successeur de Jean-Paul II sur le trône pontifical n'est pas finalement l'une des meilleures choses qui ne soit arrivée ces dernières années au camp des anti-cléricaux et plus largement des laïques. En quelques semaines, Benoît XVI, et au travers lui l'Église catholique romaine, s'est retrouvé sous les feux nourris de la critique. De la levée de l'excommunication frappant quatre évêques de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, dont Richard Williamson qui s'est distingué à plusieurs reprises pour avoir tenu des propos clairement négationnistes, à l'excommunication par l'archevêque de Recife de la mère et des médecins ayant procédé à un avortement sur une fillette de neuf ans violée par son beau-père et enceinte de jumeaux, en passant par sa dernière sortie sur l'impact de la distribution de préservatifs sur l'épidémie du SIDA en Afrique, B16 comme le surnomment nos jeunes catholiques en langage SMS, se révèle décidément un formidable communicant (ceci dit, il avait déjà montré ses talents de grand diplomate lors de son discours de Ratisbonne avec des propos pour le moins ambigüs sur l'Islam et la violence)!

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"Je n'aime pas les riches"

Nous avons tous en mémoire cette phrase de François Hollande, prononcée lors d'un débat avec Michèle Alliot-Marie sur un plateau de télévision, et qui avait tant fait jasé à l'époque. Et bien j'en déduis aujourd'hui que François Hollande n'aime pas Julien Dray, lequel se déclarait pourtant il y a quelques mois ami intime du futur ex-couple Royal-Hollande. Parcourir le rapport de Tracfin sur l'analyse des comptes bancaires du député de l'Essonne mis en ligne par l'Est Républicain ce jour est proprement sidérant, sinon écœurant. Ce sont du moins les sentiments que m'inspire cette lecture rapide. Je conseille vivement aux militants socialistes de l'Essonne et d'ailleurs, ainsi qu'aux électeurs de Julien Dray, de ne surtout pas ouvrir ce document, ils pourraient ressentir des pulsions peu recommandables...

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La photo du mois

Portrait d'un suricate. Réserve africaine de Sigean, octobre 2008. Photo prise avec un Canon Rebel XSi (cliquer sur la photo pour agrandir).

Initialement publié sur 1984-zeblog.fr - Tous droits réservés.

Sur la perte de sens et la morale, un texte à méditer en ces temps de crise

Puisque je ne trouve toujours pas le temps de poser par écrit tout ce que m'inspire la marche, désordonnée, du monde ces temps-ci, et comme certains le font avec bien plus de clarté et de pertinence que je ne saurais l'écrire moi-même, je vous conseille vivement un texte de Denis Collin intitulé "Une morale laïque est-elle possible?". Partant des discours présidentiels de Ryad et de Latran et des appels à une renaissance de l'Espérance (au sens religieux du terme) de Benoît XVI, Denis Collin déploie une analyse percutante de la crise du capitalisme, qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler les thèses développées par Jean-Claude Michéa dans son ouvrage "L'empire du moindre mal - essai sur la civilisation libérale". Et montre comment, derrière une convergence de façade, les positions de Nicolas Sarkozy et de Benoît XVI, procèdent de motivations différentes sinon contradictoires (le débat actuel autour du travail dominical en est la parfaite illustration), et de tout façon non satisfaisante pour un laïque. Seule la refondation d'une "common decency" chère à Georges Orwell peut concilier liberté, égalité et in fine fraternité face à une société libérale de la guerre de chacun contre chacun.

A lire et à méditer de toute urgence.

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